Nanuq avant la lettre

Tout est parti d’un vieux rêve : naviguer et voyager en voilier dans les régions polaires, là où le blanc domine. Ça a commencé avec l’établissement des caractéristiques importantes pour le bateau qu’il faudrait pour le programme :

  • un dériveur intégral, parce qu’il ne faut pas de limites de zone de navigation.
  • en aluminium ou en acier, parce que je trouve ça rassurant, enfin je préférerai toujours un bateau cabossé à un bateau percé.
  • 40 à 50 pieds, parce que ce doit être pour voyager et y vivre, confortablement, tout en restant abordable.
  • isolation et chauffage, parce qu’il va continuer à faire un peu froid là-haut ou tout en bas.

Après ce préambule, en janvier 2015 je commence à faire la liste des chantiers possibles, tout ce que j’ai trouvé qui pouvait proposer ces caractéristiques. Au bout de quelques semaines, on s’en sort avec une liste d’une vingtaine de chantiers en Europe.

En parallèle des recherches sur les chantiers, matériaux et solutions, je poursuis une veille sur tous les brokers de bateaux de voyage dans le monde, mais peu de choix intéressants existent, souvent avec beaucoup de travail à faire, et surtout loin.

Entre 2015 et mi-2016 mûrit la décision de passer par une construction ; surtout, je ne pense pas avoir le temps de mettre en place ni de suivre le refit d’un bateau avec les caractéristiques souhaitées, c’est un travail à temps plein. À force, je finis aussi par me dire que je dois pouvoir de toute façon suivre la construction sans trop de contraintes et que le chantier ne doit pas être trop éloigné. Et hop, exit les brokers, les occasions en Malaisie ou en Nouvelle-Zélande et les chantiers en Europe de l’Est et en Hollande. J’arrive à la fin de la sélection des chantiers/bateaux à voir autour de septembre 2016, tous sont français.

Au salon nautique de Paris, en décembre 2016, il ne reste plus que la short list. Quelques chantiers trop ”artisanaux” avec des construction sur plan sont éliminés, trop de risques et encore une perspective de présence et de suivi exigeante. J’élimine aussi un gros chantier avec une configuration de base qui me semble incompatible avec vie à bord et navigation au large en équipage réduit. Voilà qu’au bout de deux ans de recherches et de réflexion j’ai trois candidats. J’ai une grande impression de n’être qu’au point de départ. 

C’est le début de l’histoire du bateau, qui n’a pas encore de nom.